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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 10:27

Vanakkam !!


Bonjour à tous !
Nous sommes deux étudiantes, Camille et Salomé, parties avec dix autres amis en stage solidaire à Pondichéry pendant un mois cet été.
Voici un petit article que nous tenions à publier sur le blog pour partager notre expérience avec vous !
Notre projet débuta en septembre 2014 au sein de l’I.N.S.A. de Toulouse. Une des associations de notre établissement, INDIACTION, recherchait des volontaires pour venir en aide à cinq orphelinats du Tamil Nadu (Inde du Sud).
Après de nombreuses réunions pour former les équipes, récolter des fonds et organiser notre voyage solidaire, le 14 juillet 2015, nous sommes arrivés sur l'un des cinq anciens comptoirs français : Pondichéry.
Pour aider aux travaux de l'orphelinat VUDHAVI KARANGAL, nous étions douze, nous avions entre dix-huit et vingt-deux ans et étions très motivés.

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

Nous pourrions vous raconter notre voyage pendant des heures en vous décrivant l’excellente organisation de l’orphelinat du matin au coucher. Mais dans cet article nous préférons écrire le plus beau de notre expérience : ce que nous avons ressenti, là-bas, à l'autre bout du monde, dans cette grande famille qu'est l'orphelinat VUDHAVI KARANGAL.
Pour ce qui est du chantier, finalement nous n'y avons pas beaucoup travaillé contrairement à ce que nous nous imaginions. Bien que légèrement frustrés au départ, nous avons vite compris en discutant avec Michel (1), que l’important « it is not to do, it is to be ! »(2). Le simple fait d'être là chez eux, de jouer avec les enfants, d'aider les plus grands à faire la cuisine et de rigoler avec eux vaut bien plus que de leur construire un mur.

(1) Michel Berthet, président de l'association française Les Enfants des Rues de Pondichéry qui vient, entre autres, en aide à l'orphelinat VUDHAVI KARANGAL.

(2) L'important « ce n'est pas de faire, mais d'être. »

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

En effet, en Inde, le système des castes est encore bien présent dans la société et tous ces enfants font généralement partie des plus basses ou des hors caste. Ils ne sont malheureusement pas considérés comme les autres. Alors imaginez un peu leurs sourires, lorsque de jeunes blancs comme nous viennent pour leur serrer la main et jouer au «loup-touche-touche » pendant un mois.

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

Qu’ils aient cinq ou vingt ans, nous avons créé des liens tellement forts avec eux qu’il est difficile, encore aujourd’hui, de mettre des mots sur ce que nous avons partagé …
À peine avions nous franchi le grand portail de l’orphelinat que nous nous retrouvions encerclés par les petits, très heureux de nous retrouver chaque jour. Au loin, les grands continuaient leurs activités tout en nous regardant, le sourire aux lèvres, et mettant parfois leur timidité de côté pour nous adresser un grand « coucou » de la main !
Les plus petits ne parlant pas un mot d'anglais, ni nous un mot de tamoul, nous n'avions que les gestes pour nous comprendre. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, c'était suffisant. Ils couraient vers nous avec un grand sourire, nous sautaient dessus en nous appelant « Aka »(3) et nous tiraient par la main pour nous emmener jouer, chanter, dessiner ou encore danser. Autant de moments que nous ne pourrons jamais oublier. Le simple fait de s’asseoir sur les marches et de les regarder jouer ensemble était incroyable. Ils étaient là, devant nous, se chamaillaient, s'amusaient avec les poules et se retournaient de temps en temps vers nous pour s'assurer que nous n'étions pas partis. En les voyant ainsi, on ne s’imaginait pas une seule seconde ce qui avait pu leur arriver.

(3) "Aka" : sœur, en Tamoul ( orthographe incertaine )

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

Avec les plus grands aussi nous avons passé d'excellents moments. Nous pouvions davantage communiquer, d’une part parce qu’ils parlaient anglais, et surtout parce que nous avions le même âge. Tous curieux de la culture de l’autre, nous en avons souvent discuté, ce qui nous a permis de comprendre certains aspects de la vie indienne qui, vous vous en doutez, diffère complètement de notre vie européenne.
Avec les jeunes nous nous sommes aussi rendu compte à quel point le rire était universel : au bout de quelques jours seulement nous arrivions à rigoler ensemble.

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

À la fin de nos quatre semaines à l’orphelinat, nous avions prévu de faire quelques jours de tourisme. Nos dix amis sont partis découvrir plus de pays, mais nous deux, n’arrivant pas à nous détacher de notre nouvelle famille, avons décidé de rester plus longtemps parmi eux.
Durant ces quelques jours supplémentaires, nous avons vécu chaque moment avec eux. Notamment, nous avons assisté à un spectacle dans un temple, situé à une vingtaine de kilomètres de l’orphelinat. Ce soir-là, en les aidant à se maquiller pour leur prestation, nous avons compris à quel point ce genre de représentation était important pour eux. Pendant les danses, parmi le public nous parvenions à ressentir leur joie et leur fierté de pouvoir danser devant les habitants au sein d’un lieu sacré. Nous-mêmes étions heureuses et fières de dire que nous étions leurs amies.

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

Il faut savoir aussi que la danse n’est qu’une facette de leur savoir-faire. Grâce à Alice et Maran(4), chaque jour les petits comme les grands vont à l’école, prennent des cours de chant, de musique, de dessin, de yoga, de couture, de poterie etc... Les plus grands, dès leur retour de l’université prennent leur goûter avec les petits puis font leurs devoirs mais ils préparent également le dîner et bricolent les objets abîmés. Autant de choses que nous sommes en général incapables de faire.

(4) Alice Thomas et son mari, Maran, sont les deux fondateurs et responsables de l'orphelinat VUDHAVI KARANGAL.

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

Un jour nous avons demandé à l'un des grands, Sinuvasan, si ce n’était pas trop embêtant de ne jamais avoir de temps libre. Il nous a répondu que pour lui, ce n'était absolument pas un problème, qu'au contraire il était très content de pouvoir aider Alice et Maran. Il a même ajouté qu’il ne voudrait jamais partir de l’orphelinat. Cette réponse nous a marquées car, pour nous, tout ce travail aurait été une corvée, alors que pour eux, conscients de la chance qu’ils ont de faire partie de l’orphelinat, c'est tout à fait normal.

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

Un soir, alors que nous étions en train de regarder Balaji, étudiant en deuxième année d'école d'ingénieur, réviser ses cours, nous avons été émues par le fait qu'il s'interrompe et qu'il commence à nous parler de son histoire et de sa famille.

En effet nous ne savions rien de ce qui était arrivé à tous ces enfants. Évidemment s'ils étaient ici, à l'orphelinat, ce n'était pas pour rien, mais jamais nous n'en parlions. Alors quand Balaji a commencé à nous raconter son enfance c'était bouleversant.
Nous avions les larmes aux yeux. Pas tant à cause de ce qu'il avait vécu, mais plutôt parce que justement, même après son enfance pénible, c'était un garçon extraordinaire, gentil, sérieux, drôle, plein de rêves et de volonté. Il nous a parlé de ses projets après ses études et nous a montré des photos de sa mère. À la fin de son histoire il nous a expliqué à quel point c'était agréable pour lui qu'on l'ait écouté parler. Il disait qu'ici en Inde c'était rare que les habitants s'intéressent à eux et les écoutent parce qu'ils étaient orphelins. Alors, le simple fait que nous nous soyons assises à côté de lui pour l'écouter parler et que nous nous mélangions avec tous les autres enfants après les cours et pendant les repas, c'était « soupère » disait-il.

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

À la fin de notre séjour nous étions très tristes de devoir partir et contrairement à ce que nous imaginions, les enfants l'étaient aussi. Le soir de notre départ des larmes ont coulé. Nous entendons encore aujourd’hui résonner leur voix dans nos têtes « Bye sisters ! », « Take care ! », « Please come back visit us ! », « Don't forget me ! » (5)…

5 « Au revoir mes sœurs !», « Prenez-soin de vous ! », « S'il vous plaît ! revenez nous rendre visite!», « Ne m'oubliez pas !».

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

Ce voyage a été fantastique et ces enfants, extraordinaires ! Nous avons tous beaucoup appris de ce stage solidaire. Bien que tristes d'être rentrées, jamais nous n'oublierons ces moments de bonheur que nous avons partagés là-bas, en Inde, à l'orphelinat VUDHAVI KARANGAL.

Nous remercions Michel Berthet pour son accueil à l’autre bout du monde et pour le temps qu’il passe chaque année à aider VUDHAVI KARANGAL par le biais de l'association Les Enfants des rues de Pondichéry.

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

Et nous voulons aussi adresser un grand merci à Alice et Maran pour tout ce qu'ils font pour ces enfants. Quasiment chaque semaine un nouvel enfant arrive dans cette grande famille, ce qui leur demande toujours plus de travail. Bien que permanent, leur rôle de Père et Mère ne les dérange pas. Maran lui-même nous a dit un jour : « Nous n'avons jamais de vacances, nous devons toujours nous occuper de tout, mais ce n'est pas un problème, nous aimons ce que nous faisons depuis toujours. Ce n'est pas comme un travail. »

Camille Gesse & Salomé Silas

INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.
INSA Toulouse 2015: le récit de Camille et Salomé.

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Les Enfants des rues de Pondichéry