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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 17:50

L'article que nous présentons ci-après a été écrit par Céline Combes il y a quelques années (en 2012), après une visite à l'orphelinat VUDHAVI KARANGAL.

Nous en profitons ici pour l'en remercier bien vivement.

Un sourire empreint d’espoir ne la quitte jamais. Elle, c’est Alice Kalaimagal THOMAS. Cette femme, débordante de générosité, œuvre depuis 1991, avec son mari Maran, à sauver des orphelins du Territoire de Pondichéry. Ils sont actuellement les pierres angulaires de deux orphelinats accueillant 115 garçons pour l’un et 32 filles pour l’autre. Leurs « 147 enfants », comme ils plaisantent à dire, reçoivent tous une éducation plurielle où les arts occupent une place majeure. (1)

(1) Aujourd'hui ,en 2016, il y a plus de 220 garçons et filles

« Nous avons dès le début voulu mettre en exergue les talents de nos jeunes. Il fallait canaliser leur énergie, développer leur confiance en eux, leur faire oublier un passé souvent difficile. Et comme Maran était musicien nous avons pensé que la musique serait le meilleur média à utiliser » déclare Alice, sous le regard attendri de ses proches. Les week-ends des enfants sont dès le début de l’aventure consacrés à la pratique des instruments folks (Thappu, Odukay, Dhol, Phambher (1) ) à laquelle s’ajoute un enseignement des danses traditionnelles accompagnant ces musiques. Cet enseignement est alors complété par celui du yoga.

En 2004, ils rencontrent Raghunath Manet (chorégraphe, danseur de bharata natyam (2), musicien et chanteur). Touché par l’énergie débordante de cette grande famille, il propose généreusement son soutien en organisant des cours de danse et de musique traditionnelles au sein de l’orphelinat de garçons. Ainsi, la Veena (3) est introduite, un répertoire musical et de danses se crée alors année après année (Silambattam (4), Pulliyattam (5)…).

(1) Instruments de percussion.

(2) Danse de l’Inde du sud, traditionnellement pratiquée par des femmes.

(3) Instrument à cordes.

(4) Danse avec bâtons.

(5) Danse du tigre.

A gauche, une veena - A droite, un kadamA gauche, une veena - A droite, un kadam

A gauche, une veena - A droite, un kadam

Dès 2007, une troupe voit le jour au sein de l’orphelinat de garçons. « Nous avions très envie de montrer aux garçons qu’ils avaient autant de valeur que les autres enfants, mais également nous voulions montrer au monde extérieur ô combien nos enfants sont talentueux ! » précise Alice, en feuilletant fièrement les photos des dernières représentations artistiques des jeunes.

Tous les garçons sont initiés à la musique et à la danse. En grandissant, ils choisissent de se spécialiser : musiciens, danseurs, régisseurs son ou lumière… Dès leur première performance sur la plage, en 2006, où 10 000 personnes les applaudissent pour fêter le nouvel an, le succès est assuré. Ils sont alors conviés à jouer dans le Territoire et dans le Tamil Nadu proche pour des festivals dans des temples, lors de mariages, d’anniversaires, de meetings… Le gouverneur de Pondichéry les sollicite même en 2011 pour l’inauguration du département touristique du Territoire.

A gauche, danse silambam - A droite, danse du FeuA gauche, danse silambam - A droite, danse du Feu

A gauche, danse silambam - A droite, danse du Feu

« Cette année les garçons se sont produits plus de vingt fois, mais cela se passe toujours en dehors des périodes d’examens scolaires » souligne Alice, en ouvrant dignement le livre du Gouverneur de Pondichéry où est photographiée la troupe à ses côtés. « Nous ne disons jamais qu’il s’agit d’orphelins. Nous voulons que les gens les apprécient pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils font, et non pour leur situation personnelle souvent très complexe ».

Les recettes reçues lors de ces prestations aident à financer les enseignants des disciplines artistiques, les transports, mais aussi à entretenir tout le matériel (instruments, costumes, accessoires tels que Kavadi (1) ou Salangai (2), lumières, tables de mixage…) acquis avec l’aide d’ONG françaises telles que Enfants des rues de Pondichéry, Diwali Solidarité Pondichéry… Lorsque, exceptionnellement, un petit surplus d’argent est dégagé, il est directement affecté aux frais de fonctionnement de l’orphelinat.

(1) Demi-cylindre coiffant les têtes des danseurs.

(2) Bracelets de clochettes que les danseurs accrochent à leurs pieds pour marteler le rythme des danses.

A gauche, la danse des bâtons - A droite, une paire de salangai, pour les danseurs de BharataNatyamA gauche, la danse des bâtons - A droite, une paire de salangai, pour les danseurs de BharataNatyam

A gauche, la danse des bâtons - A droite, une paire de salangai, pour les danseurs de BharataNatyam

En revanche, en ce qui concerne la troupe de l’orphelinat de filles, celle-ci en est à ses balbutiements. A l’heure actuelle (1), ce groupe se cantonne à des représentations intra-muros lors d’accueil de visiteurs (la culture indienne surprotégeant la gent féminine).

(1) Aujourd'hui, les filles de l'orphelinat dansent dans les temples.

A gauche, les filles dansent dans un Temple de Pondy - A droite, une fête dans leur maisonA gauche, les filles dansent dans un Temple de Pondy - A droite, une fête dans leur maison

A gauche, les filles dansent dans un Temple de Pondy - A droite, une fête dans leur maison

Ce qui frappe, en admirant ces jeunes pour la première fois, c'est leur vitalité, leur joie de vivre mais également leur autonomie. Chacun trouve une place singulière au sein de ces petites compagnies artistiques. Aucun enfant ne semble désintéressé de cette effervescence culturelle. « Les enfants sont très fiers et contents. De plus, à présent, dans leurs établissements scolaires, on nous demande de venir jouer » déclare avec humilité Alice dans un rire discret.

Avec ces quelques années de recul, Alice Kalaimagal THOMAS pointe l’impact positif de cette expérience artistique sur le bien-être des enfants. Ainsi, avec son époux, ils sont parvenus non seulement à rassembler l’ensemble des jeunes autour d’un projet fédérateur en créant un climat jovial, mais ils leur ont également permis de s’épanouir dans un domaine culturel qui leur était étranger. « Aujourd’hui deux garçons en ont fait leur métier, ils enseignent la musique dans les établissements scolaires et ont créé leur troupe bien qu’il soit très difficile en Inde de gagner sa vie grâce aux arts.»

Alice Kalaimagal Thomas :

«IT’S GREAT SAVING CHILDREN, BECAUSE THEY ARE THE FUTURE GENERATION»

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Les Enfants des rues de Pondichéry