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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 08:01

Pierre Auffret, membre de notre association, récemment en mission à Pondichéry, a rencontré Mrs Chitra Shah, Directrice de Satya Special School, centre de rééducation pour enfants handicapés issus de familles défavorisées.

Nous contribuons depuis quelques mois au financement de Satya.

 

Les enfants qui présentent des handicaps mentaux (autisme, retard mental, etc.) et physiques majeurs sont toujours considérés en Inde comme la manifestation d’une malédiction qui frappe la famille, sanction d'une faute.

 

Honteux de ces enfants, les parents les gardent cachés. Certains les entravent pour qu’ils ne puissent se déplacer, d’autres cherchent à s’en débarrasser : l’un d’entre eux a même été trouvé dans une poubelle !

Ils ne voient pas de médecin. De toute façon, dans les familles pauvres, on n’a pas d’argent pour de tels cas, et par ailleurs, aucune structure d’accueil publique n’existe pour les recevoir ou au minimum pour leur prodiguer les soins les plus élémentaires.

 

En 2003 à Pondichéry, Monsieur V. NALLAM, docteur en médecine, chevalier de la Légion d’Honneur [1], et une spécialiste de la famille, Madame Chitra SHAH, diplômée de l’université de Madras en sociologie du travail, ont créé une association pour la prise en charge de ces enfants, la  SATYA SPECIAL SCHOOL, à laquelle, avec trois autres médecins, ils se consacrent d’une manière désintéressée.

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La Satya Special School s’est fixé deux objectifs fondamentaux, l’un thérapeutique et l’autre sociétal.

Le premier de ces objectifs est d’éveiller, revitaliser et essayer d’intégrer ces enfants dans la vie active.

L’école fonctionne pendant la journée, de 9 heures à 15 h 30. Les traitements sont gratuits pour les enfants issus de familles défavorisées, ce qui est le cas  pour la très grande majorité.

Pour les enfants qui ne sont pas amenés par leur famille, trois minibus assurent les transports entre leur domicile et l’école.

 Accueillis dès leur plus jeune âge, la majorité d’entre eux sont adolescents ou préadolescents, quelques uns adultes, le plus âgé a 44 ans.

Les interventions de la Satya Special School se situent sur quatre niveaux, médical, thérapeutique, éducatif scolaire et apprentissage.

Pour un total de vingt neuf personnes rémunérées, l’équipe permanente des soignants se compose de trois thérapeutes, spécialisés respectivement en ergothérapie, orthophonie et animation, et de vingt six enseignants.

Elle compte également dix médecins vacataires.

Les enseignants animent des classes d’éveil général par les moyens classiques, (lecture, écriture, calcul et dessin, logiciels spécifiques), par la pratique du Yoga, et des ateliers (broderie, couture, imprimerie, informatique, menuiserie, poterie, danse et musique).

Pour les petits patients, paralysés car restés trop longtemps dans l’impossibilité de bouger, l’un des traitements les plus délicats et des plus douloureux est la mise en route de tout l’appareil moteur, articulations, muscles et tendons. Il faut en général trois ou quatre mois à un jeune enfant pour apprendre à marcher et à manipuler, mais cette opération n’a quelque chance de réussite, même partielle, que si le sujet n’a pas dépassé la dizaine d’années et si la famille, invitée à participer aux séances de rééducation, poursuit celle-ci en dehors du Centre.

Ainsi des résultats positifs ont-ils pu être obtenus : des enfants ont pu se mettre à parler, d’autres, grabataires, ont pu se mettre à marcher.

 

Le deuxième objectif poursuivi par la Satya Special School est de contribuer à changer le regard porté par la société indienne sur ces handicapés mentaux et physiques et sur leur famille.

Madame Chitra Shah nous explique que ces enfants sont considérés comme la manifestation d’une malédiction karmique frappant leur famille.

Il faut donc amener les familles, au cours d’entretiens, à cesser de croire que ces handicaps sont la sanction d’une mauvaise conduite dans la vie actuelle ou dans des vies passées, à cesser de considérer les handicapés comme des monstres et en particulier, à prendre conscience des risques de la consanguinité.

Il faut enfin cesser de culpabiliser la femme, qui, bien sûr, est rendue seule responsable du malheur…

Par ailleurs, le Centre accueille en stage des thérapeutes volontaires, venus parfaire leur formation ou simplement offrir leur disponibilité.

 

L’administration du Territoire, qui attribue à chaque famille défavorisée une aide forfaitaire mensuelle de 1000 roupies par enfant, ne subventionne pas la Satya Special School.

Le Centre ne peut donc vivre que grâce aux dons des familles, des particuliers, des entreprises, des fondations et des associations philanthropiques.

Si les dons actuels lui permettent de subvenir aux besoins immédiats qui sont de l’ordre de 2300 € par mois, ils ne lui permettent pas en revanche de disposer des locaux fonctionnels nécessaires pour répondre à la demande grandissante des familles en détresse. Or ces dépenses incluent 380 € de loyer par mois…

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« Madame Chitra Shah, quel avenir envisagez vous pour le Centre ? »

- « En attendant de pouvoir disposer des fonds nécessaires à la réalisation d’une structure d’accueil appropriée, l’association utilise au mieux la place offerte par deux maisons louées. Mais, à raison d’une cinquantaine d’enfants traités par jour, elle a dû en limiter le nombre total à une petite centaine.

Compte tenu du don fait par une famille pour l’acquisition du terrain, il serait nécessaire que l’association puisse recueillir 80 000 € pour la construction d’une structure dont les frais de fonctionnement n’augmenteraient que de 50%, mais qui pourrait accueillir le double d’enfants ».

[1] De formation et de culture française, le Docteur Nallam a présidé pendant de nombreuses années l’Alliance Française et le comité pour la Francophonie à Pondichéry.

 

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Pierre Auffret - dans Toute l'actu de SATYA SPECIAL SCHOOL