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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 11:59
Album - Jessica à la Satya Special School
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Album - Jessica à la Satya Special School
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- dans album
13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 04:47



Jessica est une jeune volontaire arrivée à la Satya Special School le 1er juin dernier. Elle nous livre son témoignage. Bouleversant.

 

Aujourd'hui deux françaises, étudiantes en médecine, sont venues visiter l'école. Je vais leur servir de guide.
Nous faisons le tour des classes. Les enfants ont été répartis en groupes. Le regroupement se fait essentiellement par type d’handicap : les autistes ensemble, une classe pour les trisomiques, une autre pour les enfants handicapés moteur...
 
A l’étage, c'est la classe des plus grands...ils sont autonomes et travaillent. Ils font des tapis, des sacs, des broderies. Ce travail est utile car il permet ainsi à l'école de récolter quelques fonds. Mais surtout ce travail est important pour eux-mêmes car il contribue à leur donner confiance.
 
Puis nous traversons la rue pour visiter la salle de physiothérapie. Ici on rééduque les enfants. On leur apprend à marcher. Pour cela, on leur déplie les jambes (parfois recroquevillées car ils n'ont pas de muscles), les bras, le torse.

Je propose aux filles qui sont en médecine de suivre un instant Vijay, un garçon d’une dizaine d’années.  Sa main droite est recroquevillée, il ne peut pas l'utiliser. Le physiothérapeute travaille sur les muscles et envoie un courant électrique dans son avant bras afin de les stimuler. Il nous explique tout ça avec quelques mots que les filles comprennent immédiatement. Les pratiques sont les mêmes qu'en France, la seule différence c’est le matériel, et les moyens. Il y en a peu ici…
 Vijay continue de sourire. Puis le physiothérapeute lui déploie progressivement la main; le visage de l'enfant se crispe. Il ne sait pas parler, mais il émet des sons de douleur. Avec sa main libre il tente de retirer la main manipulée, torturée. Mais il ne tape pas. Il comprend que le physiothérapeute fait ça pour son bien. Les larmes ruissellent, l'enfant contient ses cris autant qu'il le peut. L’émotion se lit sur le visage devenu blême des étudiantes françaises.

 

Au début en arrivant dans le Centre, tu penses qu’avec l’habitude ces pleurs qui t'entourent vont moins te déchirer, que tu vas t'habituer. Mais on ne s'habitue pas aux cris de souffrance d'un enfant, à ses pleurs déchirants. Tout comme lui, qui ne s'habitue pas à cette douleur, bien qu'il sache pertinemment que c'est pour son bien qu'on le fait souffrir.


Le physiothérapeute  place ensuite une attelle pour maintenir la main droite et le pouce en bonne position. Les filles m'expliquent que c'est pour éviter qu'il ait de l'arthrose, en plus. En Europe on laisse l’attelle toute la nuit ; ici il n'y en a qu'une seule pour tout le Centre. D'autres enfants en ont aussi besoin.
Alors Vijay la garde une heure 1/2... Une heure et demie infernale, où les larmes ne cessent de ruisseler sur ses joues. Ses parents ne sont pas là, ils sont au travail. J'essaie autant que possible d'être dans les parages pour pouvoir essuyer ses larmes et lui proposer mes bras, espérant pouvoir le consoler un peu.
 
Des cas comme celui ci il y en a toute la journée qui passent entre les mains réparatrices des deux physiothérapeutes. Les cris, les sanglots déchirants, c’est leur quotidien. Faire marcher des enfants à l'aide du déambulateur, c'est ce que le responsable physio me demande en général. Croyez moi, ce n'est pas facile! L'enfant pleure, mais on doit faire avancer la béquille afin que l'enfant s'accroche et progresse. Et moi, c'est mon cœur et mes tripes que je dois maîtriser pour continuer à sourire, à leur sourire, à les rassurer et les faire travailler sur leurs muscles, pour que les résultats soient là ! Après plusieurs semaines de souffrance, certains enfants marchent. Toujours en titubant, certes, mais ils ne pleurent plus car la douleur est moins forte, leurs muscles commencent à se former…C’est une belle récompense pour tous…
Si ces enfants avaient pu être pris en charge plus jeunes, ils souffriraient beaucoup moins..



Lire aussi l'article
Jessica, volontaire à la Satya Special School !

Pour feuilleter l'album photos de Jessica, cliquez
ici

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 15:55
Sabrina & Diana, élèves infirmières, font un séjour de volontariat chez Satya Special School depuis le 15 juin 2009.
Sabrina & Diana, élèves infirmières, font un séjour de volontariat chez Satya Special School depuis le 15 juin 2009.
Sabrina & Diana, élèves infirmières, font un séjour de volontariat chez Satya Special School depuis le 15 juin 2009.
Sabrina & Diana, élèves infirmières, font un séjour de volontariat chez Satya Special School depuis le 15 juin 2009.
Sabrina & Diana, élèves infirmières, font un séjour de volontariat chez Satya Special School depuis le 15 juin 2009.
Sabrina & Diana, élèves infirmières, font un séjour de volontariat chez Satya Special School depuis le 15 juin 2009.
Sabrina & Diana, élèves infirmières, font un séjour de volontariat chez Satya Special School depuis le 15 juin 2009.

Sabrina & Diana, élèves infirmières, font un séjour de volontariat chez Satya Special School depuis le 15 juin 2009.

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- dans album
17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 08:39

A006-Ouverture-VKG 0821
Mr Thomas, le père d'Alice est notre correpondant à Pondy.
 

 

GIRLS HOSTEL-SHIFTING - INFORMED

BONJOUR !


I AM HAPPY TO INFORM YOU ALL, THAT GIRLS HOSTEL OF
VUDHAVI KARANGAL  WILL FUNCTION FROM THIS AFTERNOON AT ITS OFFICIAL RESIDENCE
10, REDDYAR'S STREET  -T.N PALAYAM - ARYANKUPPAM COMMUNE - PONDICHERRY - INDIA.

At present there are 20 girls at home [Alice’s home, located downtown], aged from 3 1/2 to 13. Out of them, except four school going girls [in town], 16 girls will be shifted to official residence by 4 pm, after a short prayer.


WE THANK YOU ALL FOR THIS GRACIOUS HELP TO CHANGE A DREAM INTO REALITY!


M.Thomas

For Vudhavi Karangal.

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Thomas Pragasam - dans Toute l'actu de VUDHAVI KARANGAL
14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 22:00

 

A005-Aruna---Priya 1700 

 

 

Dimanche 10 mai j’assiste à un entretien décisif entre la mère de ces fillettes et Alice Thomas directrice de l’orphelinat Vuddhavi Karangal Girls.

 

 

Le décor : une pièce de la maison d’Alice. Peu de paroles échangées. Manifestement les enfants ont été spécialement parées pour l’entretien : beaux vêtements, bracelets, colliers, boucles d’oreille, cheveux huilés, nattes soigneusement tressées…Aruna Devi et Priya, le visage grave, debout auprès de leur mère, me regardent de leurs grands yeux. De temps à autre Aruna Devi m’adresse une esquisse de sourire…

La mère remet des documents à Alice qui pose des questions. Je comprends qu’Alice a donné son accord. Deux témoins sont appelés, un papier est rédigé mentionnant l’abandon des enfants et stipulant diverses conditions, dont un droit de visite trimestriel, les vacances à l’orphelinat, etc. Signature du papier.

La mère est veuve d’un ouvrier agricole décédé il y a maintenant quatre ans. Son métier : bonne, pour 800 roupies par mois. Elle ne peut pas élever ses enfants. A la mort du père les fillettes avaient été confiées à la famille, chez un oncle. Mais le fils va se marier prochainement et ne veut plus de ces enfants dans la maison. Une solution doit être trouvée…La mère, illettrée, veut que ses filles reçoivent une bonne éducation. Un voisin lui a parlé de Vudhavi Karangal.

Alice s’adresse maintenant aux fillettes, et obtient leur accord. Je fais quelques photos.

Le moment de la séparation est arrivé. Priya pleure, crie, s’accroche à sa mère tandis que quelques larmes perlent des yeux de l’aînée, Aruna Devi …

La mère se lève, quitte vivement la maison, cachant son visage dans un pan de son sari…

 

Deux heures plus tard je retrouve les deux sœurs une ardoise à la main, écrivant sous la dictée de Maran, le mari d’Alice. Puis le soir je constate la métamorphose : Aruna Devi et Priya ont quitté bijoux et beaux vêtements. Elles jouent joyeusement avec les « anciennes », comme si elles avaient été là depuis toujours…

Je n’ai pas osé montrer les photos de la séparation à Aruna Devi et Priya…

 

[Cliquez sur les photos pour les agrandir]

 

A005-Aruna---Priya 1646

Alice (à gauche) et la mère des deux fillettes

A005-Aruna---Priya 1648

 

A005-Aruna---Priya 1653

Le moment de la séparation est arrivé

A005-Aruna---Priya 1680

Priya, quelques heures plus tard

A005-Aruna---Priya 1705

Les deux soeurs ont rejoint les autres filles encore logées chez Alice

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Michel Berthet - dans Toute l'actu de VUDHAVI KARANGAL
14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 09:22

Dès le 1er juin, Jessica commence son séjour de volontariat consacré aux enfants handicapés mentaux de la Satya Special School. Les enfants qui viennent ici présentent en plus, pour la majorité, des handicaps physiques majeurs. Mrs Chitrah Shah, co-fondatrice de la Satya Special School nous explique que ces enfants sont comme la preuve de la malédiction qui frappe la famille. Les parents ayant donc honte d’eux, les gardent cachés. Ils ne voient pas de médecin. Il arrive qu’ils cherchent à s’en débarrasser : l’un d’entre eux a été trouvé dans une poubelle. De toute façon, dans les familles pauvres, on n’a pas l’argent pour ces cas. Et il n’y a pas de structure pour les accueillir.

La Satya Special School a (au moins) deux objectifs. D’abord prendre en charge 70 enfants handicapés qui sont collectés chaque jour grâce à un car de ramassage. Des physiothérapeutes, des orthophonistes etc. vont prodiguer les soins nécessaires. Des résultats positifs ont été obtenus : des enfants grabataires ont pu se mettre à marcher ou parler. Une rééducation grâce à des logiciels spécifiques est également pratiquée.

Le deuxième objectif de Satya Special School est de contribuer à changer le regard porté par la société indienne sur les handicapés. Cesser de croire qu’il s’agit d’une sanction pour mauvaise conduite dans la vie actuelle ou passée. Cesser de culpabiliser la femme, responsable du malheur. Cesser de considérer les handicapés comme des monstres. Faire prendre conscience des risques de la consanguinité.

Jessica a été mise en relation avec la Satya Special School par notre association. Elle sera rejointe mi-juin par nos deux élèves infirmières alsaciennes, Sabrina et Diana que nous avions également orientées vers la Satya Special School

Ainsi notre association contribue à aider les enfants de familles défavorisées de Pondichéry.

 

[Cliquer sur les vignettes pour les agrandir]

 

 

 

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Michel Berthet - dans Toute l'actu de SATYA SPECIAL SCHOOL
1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 15:46

Encore un rêve devenu réalité ! Les répétitions ont commencé fin octobre sous la conduite d’un professeur. Très rapidement les garçons ont maîtrisé un ensemble musical nouveau pour eux, y compris dans sa notation occidentale. Dès la mi-décembre ils se produisaient en public, obtenant un franc succès lors d’une prestation sur le « Beach » de Pondichéry !
Les instruments de cette fanfare, financés par notre association, viennent s’ajouter aux autres instruments tels que veena, mridangam, violon indien, tavil etc. La pratique de la musique, du Bharata natyam (danse classique de l’Inde du Sud) et des danses folkloriques sont des activités qui contribuent activement à la reconstruction des enfants blessés par la vie.
L’orphelinat de garçons Vudhavi Karangal accueille 94 garçons orphelins ou abandonnés, issus des familles les plus défavorisées des castes inférieures et des hors castes (dalits ou intouchables, tribus).



                                           
     



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Michel Berthet - dans Toute l'actu de VUDHAVI KARANGAL
14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 12:20
Les tuiles ont été grattées soigneusement Le patio encombré... Visiteurs au milieu des matériaux Le patio repeint

 

Les travaux de réhabilitation de la maison des orphelines et des filles abandonnées, située à TN Palayam, avancent bien. Les grands garçons de Vudhavi Karangal on repeint dans des couleurs vives les poutres, les plafonds et les grilles. La façade a été blanchie. Chaque couleur est porteuse de sens, et j’ai pu retenir, entre autre, que l’orange était la couleur du sacrifice pour autrui…

Dans la cour s’entassent briques, moellons, sable et graviers. On attend la livraison de 500 sacs de ciment offerts par une cimenterie des environs. Fin mai, les maçons ont commencé l’érection d’un mur de protection en façade. La construction d’une nouvelle cuisine adaptée pour 30 à 40 personnes sera également mise en chantier. L’étanchéité de la terrasse doit être achevée avant l’arrivée de la mousson, à la mi-août.

La rentrée des classes étant fixée à la mi juin, même si tous les travaux n’étaient pas terminés à temps, les filles devront néanmoins prendre possession des lieux avant cette date.

Les treize premières pensionnaires sont actuellement logées en ville dans la maison des parents d’Alice. Chaque jour amène ses nouvelles demandes d’admission et Alice, qui doit procéder aux sélections, examine chaque cas avec la plus grande attention.

 

Nous avons très largement participé au financement de l’acquisition de cette maison grâce aux dons reçus et aux prêts consentis par des membres de notre association. Notre association participe également au financement des travaux.

 

  et on peint ! On ponce, on gratte et on peint. Derrière les grilles: Alice!

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Michel Berthet - dans Toute l'actu de VUDHAVI KARANGAL
1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 13:20
Notre partenaire Vudhavi Karangal va bientôt ouvrir son nouvel orphelinat de filles. Certes des travaux importants restent à réaliser. Mais l’essentiel est là : la maison tamoule de caractère, acquise en janvier avec le financement de EDRP et d'une autre association française.
TN Palayam, le village où se trouve la maison, se situe à l’écart de la grande route
allant vers le sud et reliant Pondichéry à Cuddalore. Entouré de verdoyantes rizières,c’est un véritable village traditionnel classé.
De tout temps, Alice Thomas, fondatrice à 22 ans de Vudhavi Karangal, avait voulu créer un orphelinat pour filles. En effet le sort des filles dans les familles pauvres est très dur : moindres soins, moins d’éducation, brutalités, abandons, prostitution…
Alice a donc commencé à recueillir des orphelines et des filles abandonnées. Elles sont aujourd’hui au nombre
de six. L’effectif prévu est de 25… Gageons que ce nombre sera rapidement atteint. Le recrutement du personnel a commencé : cuisinière, gardien, aides, éducatrices. Du mobilier, de la vaisselle, et d’une manière générale tout l’équipement indispensable est en cours d’acquisition.
Les travaux à réaliser qui portent sur la mise aux normes de l’installation électrique,
l’étanchéité du toit terrasse, la construction d’une nouvelle cuisine et de nouvelles toilettes, attendent que les financements soient disponibles…
Comme pour l’orphelinat des garçons, il s’agit d’un programme de réadaptation et de
réinsertion sociale totale de fillettes meurtries par la vie. Les enfants pourront, suivant leurs aptitudes, apprendre un métier manuel ou poursuivre leurs études aussi loin que nécessaire. Une solide formation artistique est également au programme.
Alice nous a confié qu’elle souhaiterait, en parallèle et dès que possible, héberger
aussi des femmes âgées sans ressources qui participeront à l’éducation des filles
et au fonctionnement de l’ensemble.
Quelle bonne idée, généreuse et intelligente !


[Cliquer sur les vignettes pour les agrandir]





 

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Michel Berthet - dans Toute l'actu de VUDHAVI KARANGAL
30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 19:49
Article de Noëlle Cousinié, paru dans Ouest-France en 2006.

Jeune fille, Alice Thomas étudiait le droit pour devenir avocate.

Enveloppée dans un sari chatoyant, le visage souriant, Alice regarde l'enfant qui surveille une énorme gamelle sur un feu de bois. C'est dimanche, le goûter sera royal avec bol de lait et biscuit. Le regard perdu vers le fleuve qui coule au pied de l'orphelinat, Alice raconte ses 20 ans. L'âge de son engagement.

Étudiante en droit à Pondichéry en 1991, elle participe alors avec Maran*, son copain d'école et de quartier, à l'action des Volontaires contre l'illettrisme des pauvres. Un jour, Saravanam, un enfant de 8 ans, vient mendier au bureau. Alice lui propose de lui apprendre à écrire.

Le gamin est d'accord. Il revient avec d'autres gamins des rues. Mais ce n'est pas simple. Même les familles d'Alice et de Maran restent dubitatives devant leur projet d'ouvrir un orphelinat : « Les enfants des rues sont difficiles à gérer. »


Le bureau des Volontaires est trop petit. Alice repère une auberge d'enseignants dont la terrasse est libre. Elle propose d'y bâtir un toit pour transformer la terrasse en dortoir. « Pendant deux ans, on est restés là mais on avait des problèmes avec toute la rue, car les enfants étaient bruyants. Ils n'aimaient pas se laver. Dès 8 ans, ils fumaient, se droguaient. Certains avaient une mère prostituée. Quand arrivait un nouveau film au cinéma, des gosses fuguaient pour s'y rendre, et y dénicher des clients pour leur mère. »


Les enfants se retrouvent bientôt à trente sur 40 m2 de terrasse. Il faut trouver un local. « Personne ne voulait nous louer en ville. On était très jeunes, sans le sou. Mon oncle nous a offert un terrain à l'extérieur de Pondichéry**. » Avec l'aide des enfants, ils construisent l'orphelinat. Maran, pour gagner plus d'argent, se lance dans le commerce d'aquarium. Alice compte chaque sou, elle fait les courses et guette les produits les moins chers. « On ne savait jamais comment on allait finir le mois. Je disais aux enfants : «Pour que vous ne mendiiez plus, c'est moi qui mendie des aides, mais pour la bonne cause.»


Au bout de dix ans, l'orphelinat prend l'eau. Alice et Maran se lancent alors dans la construction d'un grand bâtiment sur trois niveaux, encore inachevé***. « Avant le tsunami, j'avais trente-cinq enfants. Maintenant, j'en ai quarante-cinq. » Depuis un an et demi, le danseur musicien Raghunath Manet, qui se partage entre la France et l'Inde, l'aide. Il envoie ses professeurs, pour que les enfants s'épanouissent par l'art. La récompense d'Alice et de Maran se lit dans les yeux des orphelins. Maintenant elle rêve de créer un orphelinat pour les filles. Alice et Maran en élèvent déjà cinq dans leur maison de Pondichéry...

 

* qui deviendra son mari.

** Terrain situé à Nonankuppam

***ce bâtiment sera achevé en 2008

 

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